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Zone de Texte:   (Textes)            2  -   A  PROPOS  DE   LA  CORRIDA     ( -1- )

DROCOURT   ANTI-CORRIDA 

  De Gérard CHAROLLOIS, Président de la CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE

12/08/07    Ni art, ni combat, et pas même tradition.   

         Le taureau n’est jamais qu’un herbivore, nullement destiné à agresser, mais promu à la protection des troupeaux sauvages des vaches primitives. Sa force, sa puissance sont orientées naturellement, biologiquement vers la défense et non vers une inutile attaque.

Des organisateurs de spectacles sanglants, gestionnaires avisés des tiroirs caisses des arènes où échoit l’argent public, habillent de mots creux, fumeux, dérisoires et ridicules les séances de tortures qu’ils offrent à des foules criminelles, criminelles comme le sont si souvent les foules grégarisées.

Pris individuellement, totalement  seul sur les gradins d’une arène, le badaud éprouverait la honte d’être là pour assister à une agonie cruelle. Sa conscience aurait mal. Il comprendrait ce qui se déroule devant lui, pour lui, à cause de lui et l’horreur s’imposerait dans la lumière de sa raison.

Mais, la foule ! Elle excuse, accepte, digère  tout, car elle n’a ni conscience, ni raison : Les ordalies, les bûchers, les pendaisons, les lapidations, les lynchages, les corridas, rien ne la rebute, ne l’émeut, ne l’atteint.

La foule est meurtrière, stupide, dépourvue d’esprit critique et de sensibilité lorsqu’elle se mue en monstre autonome, parfaitement distinct des particules élémentaires qui la composent.

La foule déresponsabilise, annihile l’homme qui abdique entre ses mains puissantes son intelligence et son cœur. 

La corrida n’est ni un art, ni un combat, pas même, hélas, une tradition.

---- Elle n’est pas un art, puisque l’art est affaire de représentation désincarnée, d’œuvre symbolique et signifiante et jamais de réalité. Or, ici le taureau est vrai, saignant, tremblant, expirant sous les coups.

----- Elle n’est point un combat, puisque l’issue en est connue, ritualisée, exempte d’aléa. 

---- Elle n’est pas même une tradition puisque manque l’épaisseur des siècles et que ce spectacle doit, du moins en ce pays, beaucoup  au Second Empire et plus encore au développement de « l’industrie touristique ».

ceux qui prétendent défendre la mort spectacle imaginent lui offrir une couverture en la parant du sceau de la Tradition.

Ils trompent et s’abusent eux-mêmes car toute tradition a pour vocation naturelle de disparaître pour qu’avance la civilisation.

La tradition est l’intelligence des perroquets qui répètent stupidement, sans comprendre, sans esprit critique, sans recul, ce que d’autres firent avant eux et au seul motif qu’ils le firent de longue date.

Les jeux du cirque, les bûchers, les ordalies, l’esclavage, l’absolutisme royal, la torture furent en Occident des traditions solides et l’excision des petites filles, la lapidation de la femme adultère, les multiples obscurantismes religieux inculquant la peur du ciel et des enfers demeurent, pour beaucoup trop de contemporains soumis, des traditions.

Faire reculer la tradition a toujours été la marque des esprits libres et éclairés qui ne radotent pas mais pensent et soumettent à l’examen de leur raison les faits et les gestes.

Aussi, si la corrida était, ce qu’elle n’est pas, une tradition, cela constituerait une raison supplémentaire et superflue de l’abolir.

Alors, ni art, ni combat, ni sport, ni tradition, qu’est-ce que ce spectacle consistant à torturer pendant vingt minutes un être sensible jusqu’à ce que mort s’en suive, pour la satisfaction de foules excitées, ivres de sang et souvent d’alcool ?

La corrida est un révélateur, un symptôme d’un mal caché et redoutable : l’instinct de mort.

Notre espèce nous a offert bien d’autres manifestations, au cours de sa sinistre histoire émaillée de crimes insondables, de guerres perpétuelles, de génocides furieux, de violences exacerbées et valorisées, de cette tare funeste qui la rabaisse parfois bien au-dessous de la condition animale.

L’homme fait ici, aujourd’hui,  à l’animal ce qu’il ne lui est pas donné de faire à ses semblables mais qu’il ne manquera pas de leur faire lorsque les circonstances, par exemple une « très juste guerre », lui octroieront la douce jouissance des vrais combats, des exécutions bien méritées et dûment justifiées par des juges et des commentateurs qui viendront doctement expliquer la nécessité des châtiments   infligés à un ennemi abhorré méritant une édifiante punition.

La mort spectacle nie l’éthique hédoniste faisant de l’individu solitaire face à son destin, un individu solidaire, fondant la reconnaissance d’autrui sur sa seule capacité à éprouver le principe du plaisir déplaisir.

La corrida nous rappelle que le processus d’hominisation n’est nullement parachevé et que le chemin parsemé de cadavres humains et non-humains est décidément bien long. 

Pour perpétrer ces actes de tortures érigés en spectacle, les tenants de la corrida ne sauraient souffrir le débat, la confrontation, la réfutation. Il leur faut de la propagande lourde et unilatérale et il ne manque pas de mondains pour se livrer dans les médias à des exercices pitoyables d’apologie sans être le moins du monde embarrassé par l’absence de toute contradiction idéologique.

En cela la corrida, comme la chasse, sont intrinsèquement fascistes et antidémocratiques.

Normal, puisqu’elles  hurlent : » viva la muerte «  !  «  I kill for fun “.(Je tue pour l'amusement)

23/09/07  L’idéologie funeste des tastes mort. 

           Face à la forte contestation de la torture tauromachique et de la chasse, quelques littérateurs, journalistes ou philosophes, unilatéralement publiés par la presse formatée, tentent par de pitoyables sophismes de justifier l’instinct de mort.

Vous lirez, sous leurs plumes hargneuses que tel peintre momentanément très célèbre, (snobisme oblige », tel romancier fasciné par la mort au point de se la donner, célébraient la corrida.

D’autres propagandistes, en d’autres temps, auraient pu justifier l’horreur fasciste par le talent de CELINE, de Robert BRASILLAC, de Lucien REBATE et le verbe puissant de Philippe HENRIOT.

La notoriété ne change pas le crime en vertu.

Puis, les tastes mort tentent le débat d’idées et énoncent :

« La vie implique l’acceptation de la mort, terme inéluctable. La tauromachie, la chasse sont des rituels initiatiques, une symbolique du combat de l’esprit sur l’animal et le taureau (de combat) est fait pour combattre et pour mourir. Ici il affronte l’homme comme dans la nature, il aurait dû subir les attaques du tigre ou du lion.

Sa souffrance dans l’arène se justifie  puisqu’en toute hypothèse les êtres vivants doivent mourir et pour cela souffrir préalablement. Ceux qui condamnent les spectacles et loisir de mort refusent en fait la vie, puisque celle-ci implique son inéluctable issue ». 

Ce raisonnement spécieux décliné sous diverses formes par les littérateurs zélateurs des corridas et de la chasse  débouche immanquablement sur la valorisation de ce qu’ils prétendent accepter. 

Dans cette optique, dès lors que la mort est le terme imparable de toute vie et dès lors qu’il faut nécessairement mourir un jour stupidement, pour rien, considérons comme premiers philanthropes ceux qui par la guerre et l’extermination de masse offrent à des millions de jeunes gens la chance de mourir sains, beaux, virilement  pour une cause ardente, une race, un pays, un parti.

Ces grands philanthropes leur évitent les affres de la vieillesse et de la maladie.

Après tout, l’homme est condamné à choisir : mourir jeune ou devenir vieux et les deux perspectives l’effraient.

Devenir vieux signifie une mort par morceaux, une progressive diminution de toutes les facultés, l’affaiblissement de la mémoire, l’impuissance sexuelle, le ramollissement des muscles et du cerveau,  la condamnation à la retraite qui implique le retrait.

Devenir vieux, c’est être ce que les pas encore vieux redoutent d’affronter, qu’ils rejettent et trouvent laid. C’est nourrir la peur de tout, finir en  électeur de droite et s’abîmant dans son propre crépuscule devoir mourir quand même.

Bref, NAPOLEON et HITLER en moissonnant sur les champs de bataille, champs d’honneur et de gloire, la jeunesse de leurs pays firent œuvre de générosité en proposant d’ajouter la magnificence  du sacrifice à cette mort qu’il faut tellement accepter que nul ne saurait s’offusquer de ce qu’on en avance juste un petit peu l’avènement pourvu que ce soit dans la lumière et la symbolique.

Mourir à vingt ans les armes à la main, vous préserve efficacement du cancer et  de l’accident vasculaire cérébral qui sans le don héroïque  suprême seraient advenus indubitablement. 

Tel est l’aboutissement du raisonnement des tastes mort qui veulent vendre la corrida et la chasse au nom du destin fatal et tragique des êtres, destin qu’il conviendrait de théâtraliser, de ritualiser pour le sublimer et l’accepter pleinement. 

Non. Ce sophisme criminogène doit être récusé.

 Ce n’est pas parce que la mort gagne toujours qu’il faut lui prêter la main et ajouter de la souffrance au monde.

Même si tout être vivant est un condamné, offrons-lui de la douceur, de l’affection, du plaisir, du repos.

Que l’intelligence humaine serve à faire reculer et non à exalter la mort qui n’a pas besoin de nous pour accomplir ses œuvre perverses.

Tastes mort et fascistes sont indissociablement unis idéologiquement dans leur aspiration morbide à la violence primaire qui rassurent leurs peurs sous le paravent de la ritualisation ou d’un héroïsme guerrier de pacotille.

Le torero, le chasseur et le SS n’ont rien de consolateur de devoir mourir un jour.

Cette réfutation s’adresse aux prétendus « « intellectuels » », contempteurs de lapensée écologiste, besogneux de la tauromachie et de l’art cynégétique, et non aux foules de badauds, troupeaux grégaires, qui vont aux corridas ou à la chasse parce qu’ils voient les autres y aller, sans même méditer un seul  instant sur la tragédie de vivre.

La foule obéit à son cerveau reptilien et la masse exonère l’individu de sa conscience et de sa responsabilité.

La foule suit la foule et fait ce que font les autres  par pur mimétisme.

Ses victimes expiatoires changent selon les cieux et les époques, mais l’instinct demeure.

Des combats de gladiateurs aux bûchers du Moyen-âge, des génocides bruns aux génocides rouges, des bombardements de villes aux chasses aux canards, l’homme célèbre l’art de tuer qu’il prétend ériger en art de vivre.

L’animal humain reste à hominiser pour devenir  ce qu’il s’imagine être déjà.

     

 

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