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DROCOURT   ANTI-CORRIDA 

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« «Je suis absolument contraire, écrivait Zola, aux courses de taureau,
qui sont des spectacles dont la cruauté imbécile est, pour les foules,
une éducation de sang et de boue.»

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 « L'Homme et L'animal » 
Rapport présenté par Pierre Micaux, député, parlementaire en mission auprès du ministre de l'agriculture.,

Raymond Barre
avait missionné Pierre Micaux le 18/10/1979  « pour étudier les problèmes de l’élevage et de l’abattage, à finalité économique, des animaux, des conditions d’expérimentation et de la protection des animaux de compagnie. » p3 du rapport.

Le rapport de Pierre MICAUX existe et a été publié par LA DOCUMENTATION FRANCAISE, Paris, 1980, ISBN 2-11-000569-6. Je me le suis procuré par l’intermédiaire de Galaxidion.com, à la Librairie Arts et LettresII d’OLLIOULES, 83190, 16 chemin de st Roch, tel 0494065554,
artsetlettres2@wanadoo.fr

L’enquête n’a pas eu de suite, après la nomination de Monsieur Mitterrand.

Raymond Barre, le 30/09/1987, N°9690,
écrivait à Monsieur Jacques DARRY, chargé alors de Mission par la SPA :

« Monsieur, J’ai bien reçu votre lettre. Je n’ai pas oublié les conclusions du rapport sur la misère animale que j’avais demandé à Monsieur Pierre MIcaux, député de l’Aube. Le changement politique intervenu en 1981 a conduit à négliger les préoccupations légitimes auxquelles les mesures suggérées par Monsieur Micaux proposaient de répondre.
Je le regrette, car je suis comme vous très sensible à la misère animale. Je suis persuadé qu’il convient de mener en ce domaine, comme en bien d’autres, une action déterminée. vous pouvez être assuré que je ferai tout ce que je pourrai pour atténuer la misère animale, même si
je ne mésestime pas les difficultés que comportent les divers aspects de ce problème, qu’il s’agisse de l’expérimentation de médicaments, des conditions d’élevage ou d’abattage, ou simplement d’animaux maltraités, voire abandonnés. »

Monsieur Jacques DARRY a lancé l’anticorrida à Alès (CRAC) en 1985, comme le signale, p320, dans son Histoire de la corrida en Europe du 18è au 21è s. Élisabeth Hardouin-Fugier

Parmi les nombreux aspects de la misère animale détaillés par cet intéressant rapport, je copie ici ce qui est dit de la tauromachie, p140-141:

« II  -  LA TAUROMACHIE.
Il convient là aussi, de poser nettement le principe de l’interdiction des combats de l’homme et de l’animal.
L’utilité du maintien des corridas, dans les zones de tradition locale, qu’il y ait ou non mise à mort, ne m’apparaît pas plus défendable au plan des principes, ni évidente au plan des faits en raison des pratiques constatées.
Il convient de remarquer que, dans bien des cas, la tauromachie traditionnelle s’est transformée en un spectacle pour touristes, sans intérêt esthétique ou artistique et dont la valeur éducative est totalement absente.

C’est la raison pour laquelle je propose l’interdiction, mais le Parlement pouvant arguer du fait que la tradition tauromachique est sans conteste une réalité historique, sera à même de décider si cette tradition doit être respectée dans la mesure où les régions qui en bénéficient actuellement, en souhaitent le maintien. En me situant dans l’éventualité où le Parlement déciderait de ne pas aboutir à une interdiction, je proposerais que, cependant, le maintien des traditions locales soit limité aux localités, aux communes, au sens strict du terme, où la tradition est ininterrompue et surtout limitée aux corridas respectant les règles établies, sans toutefois autoriser  la participation de chevaux au combat.

Les sanctions en cas d’infraction devraient concerner, non seulement ceux qui participent à des corridas, mais aussi ceux qui les organisent ou qui aident à les organiser dans des localités où la tradition n’existe pas ».

 

Mon petit commentaire : Dans ce paragraphe, il ne parle pas de souffrance animale, mais elle est sous-entendue.

Il dit clairement que la corrida n’est pas défendable et il en propose l’interdiction. Si le Parlement ne le suit pas il insiste pour que seules les localités à tradition ininterrompue soient autorisées, et ceci sans la participation de chevaux. Ce dernier point supprimerait le 1er tercio du picador et amoindrirait la réussite de cette barbarie. L’idée de sanctionner les participants et organisateurs des corridas illégales montre bien qu’on parle d’un spectacle juste toléré et fondamentalement nocif pour la société.

 

Les autres chapitres de ce rapport de 175 p. sont intéressants.