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ECOLOGIE
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CONVENTION VIE ET NATURE  - 

  LES  LETTRES  HEBDOMADAIRES DE 
 MONSIEUR  GERARD 
CHAROLLOIS  
       

FRANCBAUDIE  -  24380  VEYRINES DE VERGT  -  TEL 06 76 99 84 65- 

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

14/01  -  Éthique et « droit de vivre dans la dignité »
Dans la perspective de la révision prochaine de la loi bioéthique et des débats citoyens préalables, je poursuis, avec vous amis lecteurs, l’examen des problèmes relevant de ce texte, à savoir, ici, la fin de vie.
Partons du fondement moral du biocentrisme tel que je le définis :
- Respect du vivant et reconnaissance à tout être vivant de son intérêt à vivre ; Célébration de la liberté de l’être comme conçue dans l’acceptation de ce qui le détermine dans la limite de toute nuisance à autrui.
La concrétisation de ces deux postulats m’ont conduit à reconnaître l’imprescriptible liberté de mode de vie de chacun face à ses orientations sexuelles s’agissant de la procréation, étant rappelé que la lutte contre la surpopulation passe par des incitations culturelles et financières à ne pas proliférer et non par des restrictions de liberté individuelle.
Autre aspect régi par les lois bioéthiques, la question de la mort.
Or, l’humain n’a jamais accepté, très légitimement d’ailleurs, sa finitude, ce que révèlent les mythes prometteurs de « vies éternelles » par-delà la mort.
Depuis le 19ème siècle, la médecine gagne bien des batailles contre la maladie et si l’on ne meurt plus de phtisie, de typhoïde et de moins en moins de leucémie infantile, la médecine contemporaine finit toujours par perdre la guerre, puisque tout individu est encore condamné à mourir.
Cette frustration n’est pas étrangère à la persistance du charlatanisme qui lui non plus ne gagne pas la guerre mais qui couvre de rêve et de mystère la noirceur de la finitude.
La raison éclaire mais angoisse. La croyance repose et console partiellement du moins  (
SUITE ) de cette angoisse.
Gourous, guérisseurs, marabouts, thaumaturges proclamés prospèrent sur ce besoin trop humain d’étayage face à l’angoisse existentielle.
Pour ÉPICURE, en une charmante pirouette intellectuelle, l’humain ne devait nullement craindre la mort au motif que « tant que vous êtes vivants, la mort n’est pas là et que lorsqu’elle est là vous n’êtes plus. Donc, elle ne vous concerne jamais ».
Cette gymnastique de philosophe n’a sans doute jamais rassuré, pas même ÉPICURE et ses disciples.
A défaut de ne pas mourir, le contemporain ne veut pas vivre sa mort et pas davantage assister à celle de ses proches. Il faut « mourir dans la dignité », c’est-à-dire selon un protocole supprimant l’angoisse de devoir quitter ceux que l’on aime, ses biens et soi-même.
Que dit notre droit actuel issu de la loi LEONETTI codifiée à l’article L1110 – 5 du code de la santé publique (CSP) ?
Lorsque le pronostic vital est engagé à court terme et que les souffrances demeurent réfractaires à tout traitement, le patient a droit à une sédation profonde et continue.
Deux conditions sont ainsi requises pour la mise en place de cette sédation valant abolition de la conscience, donc de l’angoisse de la mort : un pronostic vital engagé à court terme et une souffrance réfractaire aux traitements.
Le législateur ne parle pas de « douleur », notion physique, mais de souffrance, incluant, outre la douleur, le stress existentiel.
Ne nous dissimulons pas que cette sédation profonde et continue mise en place dans les centres de soins palliatifs par administration de Imidazole (hypno Vel), avec adjonction de morphine, abrège l’agonie du patient par haute toxicité cardiaque et rénale.
Une étude révèle que dans les pays où l’euthanasie déclarée est autorisée, la moitié de ceux-ci demeurent qualifiés de sédations (Belgique).
Il est plus confortable de dire que l’on soulage et que l’on endort que d’avouer à l’entourage d’un malade que l’on provoque sa mort en supprimant quelques jours d’agonie.
En France, doit-on aller plus loin ?
Faut-il parler d’euthanasie au lieu de « sédation profonde et continue » qui n’en est qu’un euphémisme ?
Faut-il inscrire dans la loi prochaine en la nommant ce qui est déjà une mort provoquée dans le but de soulager le patient, lui épargner les tourments physiologiques et moraux de sa fin ?
Je formulerai ici une appréciation personnelle.
Au nom de la liberté individuelle, chacun devrait pouvoir opter entre vivre ou mourir, le suicide étant la seule forme acceptable de mourir, en bonne cohérence biocentriste. J’ai tellement connu de gens qui sont morts sans l’avoir voulu que cette évidence doit être rappelée et je me défie des tastes-mort qui en font un loisir ou une profession.
Si je pense qu’on peut légaliser l’assistance au suicide de l’humain fatigué de souffrir et malade de la vie, inversement, il faut aussi aggraver les sanctions pénales frappant les soignants qui donneraient intentionnellement la mort à qui ne la réclame pas.
Nul n’a à se faire juge de la valeur de la vie d’autrui.
Oui, il y a des pervers, y compris dans les soignants, qui aiment provoquer une « douce délivrance » à ceux qui leur sont confiés et ce afin d’abréger une vie qu’ils estiment ne plus mériter d’être vécue.
Il convient de s’en remettre, non à l’avis du médecin sur ce point, mais à la seule volonté de l’individu en garantissant l’expression libre et éclairée de sa volonté.
En attendant, après ces biens succinctes observations, amis lecteurs, jouissez de la vie et célébrez-la chaque jour puisque le cosmos n’a rien conçu de mieux et faites qu’autour de vous ceux que vous aimez partagent cette célébration et je ne terminerai pas cette chronique funèbre sans vous souhaiter de devenir des rats taupiers !
Oui, des rats taupiers !
Explications de ce souhait burlesque.
Les rongeurs présentent, d’une part, une forte prolificité, d’autre part, une vie courte, de l’ordre de deux ans.
Une espèce fait exception et attira l’attention des biologistes : le rat taupier bénéficiant d’une longévité de l’ordre de trente ans. Proportionnellement, pour un humain, ce temps de vie serait pluriséculaire. A la différence des autres rongeurs, notre héroïque rat taupier ne développe pas de cancers. Il meurt tout simplement lorsqu’il a épuisé son stock de cellules régénératives, lorsque la pile biologique est épuisée.
Il ne possède plus de cellules souches et il semblerait que le processus soit identique chez les quelques humains qui dépassèrent le siècle, le record homologué étant de 122 ans.
Il semblerait aussi que pour ajouter des années à la vie, il faille ajouter de la vie aux années et être heureux.
Alors, allez-y, soyez heureux !
Gérard CHAROLLOIS

06/01  -  Éthique et procréation
Depuis 1988, la France édicte des lois dites bioéthiques révisables périodiquement et présentement tous les sept ans.
Cette année, en prévision d’une révision de la dernière loi remontant à 2011, des débats seront déconcentrés dans les régions sous l’égide du comité national d’éthique.
Concrètement, ces lois traitent du corps humain, de la procréation, de la mort et de la recherche médicale.
Dès l’abord, observons qu’elles sont anthropocentriques, aucune disposition n’intéressant les êtres vivants pris dans leur vaste communauté formant la biosphère.
Je vous propose quelques réflexions pour alimenter le débat auquel vous serez peut-être appelés à participer.
Cette semaine, examinons le commencement de la vie et la question de la procréation dont les conditions sont totalement subverties par la science contemporaine capable de déterminer par analyses génétiques la filiation de manière certaine et capable de « fabriquer » un embryon à partir de « matériel biologique » réparé.
Tout le monde connaît les « bébés éprouvettes », la fécondation in vitro, le don de gamètes à des couples stériles.
De nouvelles innovations complexifient les origines d’un enfant ainsi conçu et j’en fournis un exemple étonnant. ( SUITE )
Certaines pathologies génétiques sont inscrites dans l’ADN mitochondriale de l’ovocyte. Désormais, il est possible d’insérer le noyau d’un ovule dans le cytoplasme d’un autre ovule provenant d’une donneuse pour obtenir un gamète comprenant deux sources de gènes : les uns de l'ADN nucléaire, les autres de l’ADN mitochondrial.
Ainsi, génétiquement, l’enfant aura deux mères, sans parler qu’il pourra être porté par une mère gestatrice qui l’abandonnera, à la naissance, pour le remettre à un couple d’intention.
Voilà de quoi repenser la quête des origines !
Or, ce n’est point de la science-fiction, mais des possibilités actuelles.
En pratique, s’agissant de la procréation, les débats devraient porter cette année sur l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux parents de même sexe, le président y est favorable.
Puis, sur la question de la Gestation Pour Autrui (GPA) qui ne devrait pas être validée, cette fois-ci, le président y étant hostile.
Actuellement, un couple de femmes voulant enfanter doit se rendre à l’étranger, par exemple en Belgique, pour bénéficier d’une PMA, la conjointe de la mère pouvant solliciter l’adoption de l’enfant de sa compagne. Il m’a été donné, au cours de ma vie professionnelle, de prononcer de telles adoptions depuis l’entrée en vigueur de la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux personnes de même sexe.
Au nom de la liberté du mode de vie de chacun, je suis favorable à cette révision de la loi bioéthique afin d’ouvrir la PMA aux couples de femmes et même aux femmes seules.
Les nostalgiques s’écrieront, comme toujours devant toute innovation : « que faites-vous de l’intérêt de l’enfant » ?
Objection inconsistante puisque trop d’enfants conçus à « l’ancienne » possèdent des parents indignes de l’être.
Le mode de conception ne change rien à l’affaire et ne fait ni le bon, ni le mauvais parent.
La PMA pour tous devrait donc être admise en France à l’occasion de la nouvelle loi bioéthique susceptible d’intervenir à l’automne.
L'enfant ne saurait être un objet, un gadget, un caprice et son arrivée au sein d'un foyer doit demeurer un acte d'amour, ce qu'il n'est pas toujours dans une conception à l'ancienne.
Le droit de l'enfant prime le droit à l'enfant, mais ce principe premier est sans incidence sur les modalités de la conception.
La détermination de parents stériles à aimer et élever un enfant n'est pas moins légitime au regard de l'intérêt de l'enfant qu'un accident d'un soir.  (
SUITE )