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DROCOURT NATURE |
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« Un statut pour la Nature. le dimanche 20 février 2011 Biodiversité est le joli nom que l’homme donne à la Nature lorsqu’elle agonise. Ce petit mot sent bon son scientifique, son sérieux, sa modernité. Il y a dans la « biodiversité » un air de laboratoire, d’études technocratiques, de mise à distance, de protecteur froid dénué de tout amour pour l’objet qu’il examine. Mais surtout, la « biodiversité », c’est loin, dans les forêts tropicales, dans les toundras glacées, sur les pentes escarpées des montagnes autres que celles vouées aux stations de sports d’hiver. On peut affirmer, sans trop s’exposer,, être conscient de l’impérieux devoir de sauvegarder la « biodiversité », tout en autorisant ici les lotissements, les résidences de loisirs, les infrastructures de transports, les ronds- points et supermarchés. Car, bien sûr la Nature ordinaire, celle que l’on détruit, n’est pas la « biodiversité ». La biodiversité, c’est ailleurs, là où il n’y a pas de promoteurs, d’aménageurs, d’exploiteurs, de spéculateurs, d’élus locaux formatés. Ici, chez vous, on célèbre la croissance, le développement créateur d’emplois, l’urbanisation, le désenclavement, bien évidemment,, vous savez « de haute qualité environnementale » ! L’homo capitalistus assassine la Nature partout, systématiquement, pans par pans entiers, tout en célébrant la « biodiversité », là-bas, au-delà des limites de sa commune, de son canton, de sa région qu’il ne veut surtout pas voir devenir une « réserve d’indiens ». Impostures, ces imprécations d’irresponsables qui parlent vertu et agissent en mafieux qu’ils sont, affairistes prévaricateurs, élus népotiques en consanguinité avec le nauséabond monde de l’argent. Alors, pour parler leur langue de cupides, d’aucuns, pétris de bonne volonté, tentèrent de donner une valeur monétaire à la biodiversité pour la sauver : trente trois mille milliards de dollars, (car pour faire sérieux il faut chiffrer en dollars ! ) D’autres écologistes gentils arguent de l’utilité de la nature, évoquant la possibilité pour une modeste plante tropicale encore méconnue de receler des précieuses molécules thérapeutiques insoupçonnées et qu’il serait désastreux d’anéantir avant qu’elle ait révélé son secret bénéfique. J’admire ces efforts laborieux pour amortir les coups que le bourreau inflige à la nature. Mais je ne participe pas de cette anthropocentrisme égoïste. Si la petite plante offre une arme chimiothérapique, tant mieux. Mais si elle n’offre rien, je proclame qu’elle a le droit de ne pas disparaître. Qu’une peuplade sympathique tire profit du tourisme mondialisé grâce aux éléphants ou aux baleines, tant mieux. Mais si une espèce animale ne paie aucune rançon de survie à l’espèce dominante, j’affirme qu’elle doit conserver sa place sur cette planète. La protection de la Nature n’est pas une affaire d’argent, de profit, de spéculation sur la beauté des sites, la rareté des essences et des animaux. C’est un choix éthique fondamental. La vie vaut par elle-même parce qu’elle est la vie, dans sa précieuse diversité. Ce n’est point aux antipodes, sous l’équateur ou aux pôles qu’il faut la sauvegarder, mais ici en refusant le paradigme de la croissance infinie. Vous avez dit : « prise de conscience ? » Nullement. Les élus ne rêvent que de bitumer, de bétonner, d’augmenter la population humaine de leurs petites circonscriptions. Trop de gens grincheux maudissent les arbres qui font de l’ombre, souillent les terrasses de leurs baies, perdent leurs feuilles en automne. Les buissons et haies deviennent, pour nos nuisibles avérés « des broussailles hostiles et accueillantes à la vermine ». Pour homo capitalistus toute frome de vie, non directement et immédiatement rentable, fait figure de parasite à éliminer inexorablement. Pour nous, la nature doit être sauvée en toutes ses composantes et en tous lieux. Quand par mutation comportementale, l’homo capitalistus deviendra un homo ecologicus, un contrat liera l’humain enfin hominisé avec la Nature, contrat reconnaissant à la nature le droit d’être et de demeurer. « Un statut pour l’humain le dimanche 27 février 2011 Le Progrès existe-t-il ? Je ne parle pas de celui de la croissance quantitative, de la vitesse des transports, de la consommation de gadgets nocifs. Le vrai Progrès est celui des connaissances fondamentales, des techniques qui font reculer la maladie, la souffrance, la mort, celui qui adoucit les relations interpersonnelles et épanouit les individus en augmentant leur liberté et leur somme de plaisir, celui qui évite le déplaisir, la frustration. Il en va du Progrès comme de la Tradition. Ce sont des paravents commodes masquant le meilleur et le pire. D’où les confusions et les faux débats car pour se comprendre, se confirmer ou se réfuter, encore faut-il désigner sous les mots les mêmes concepts. Au commencement de la société fut sans doute l’adoration de son clan et de ses dieux, de sa tribu, puis de sa cité, de sa nation, de sa race, puis au stade ultime des Lumières, de l’espèce humaine tout entière. Les Lumières, au tournant du 18’me siècle, firent passer la société occidentale du théocentrisme à l’humanisme. Ce changement philosophique et politique fut incontestablement un Progrès puisqu’il fit reculer l’obscurantisme, la superstition, l’arbitraire des représentants de dieu dans l’État pour substituer aux pouvoirs du passé la démocratie, les droits de l’homme, la prévalence de la raison. Les monothéismes en Occident, après avoir combattu les idées subversives des philosophes, tentèrent de récupérer le coup puisque leurs dieux avaient créé les hommes à leurs images et que l’humanisme assurait, dans sa version primaire, l’anthropocentrisme. L’homme demeure sur son piédestal, espèce élue, nullement comptable de ses abus et excès à l’encontre de tous les autres êtres vivants. Nous assistons présentement à la crise de cet humanisme hérité des Lumières et du positivisme. Nous, Biocentristes, proposons une approche nouvelle du phénomène du vivant, de la biosphère, des relations homme et nature. Pour nos contempteurs, agents des lobbies contre nature et essayistes formatés par les vieilles idéologies, nous prônerions une régression éthique, une haine de l’humanité, une négation des acquis arrachés par les femmes et hommes de mieux du passé à l’ignorance et à la cruauté. Une propagande tapageuse occupe les médias français sur ce thème constituant une imposture grossière. Loin de remettre en cause les acquis du raffinement des mœurs politiques, nous appelons à un dépassement de l’humanisme et à l’élargissement du cercle de l’empathie aux êtres vivants et d’abord à ceux dotés d’un système nerveux leur faisant éprouver le principe du plaisir déplaisir. Faire sa place à la nature, reconnaître un droit à la vie de toutes les espèces, refuser la marchandisation des êtres sensibles constituent des garanties pour l’humain, car toujours l’homme fait à l’homme ce qu’il a appris à faire à la bête. L’écologie radicale ne remet nullement en question les Droits de l’homme sous prétexte de proclamer les droits des animaux et ceux de la nature qui n’est pas un « environnement ». Il est opportun que l’humain use de sa raison pour améliorer ses conditions matérielles et morales de vie. Il est souhaitable qu’il jouisse de l’existence pourvu que cette jouissance ne se fasse jamais au détriment de celle d’autrui. Mais nous, à la différence des humanistes, incluons tous les êtres sensibles dans cet autrui auquel nous devons apporter de la jouissance. Non, l’écologie biocentriste ne représente pas une régression, un ascétisme sadomasochiste, une résignation face à tout ce qui est mauvais et affecte le vivant. Qu’il y ait un versant réactionnaire, nostalgique de l’écologie est sans doute légitime et chacun peut contribuer au grand débat des idées. Pour ma part, l’étude du passé ne m’a jamais donné l’envie de le revivre. Certes, avant l’ère industrielle, des humains moins nombreux et dépourvus de moyens de nuisance absolue sur le monde faisaient moins de dégâts à la nature. Notre époque a permis les exterminations massives, les grands travaux, les pollutions chimiques, les agressions redoutables et les guerres meurtrières, les hécatombes planifiées. Par esprit de lucre les commettants des gouvernants pillent, massacrent, empoisonnent la terre et des vandales débiles abordent la Nature agonisante avec quads, fusils et écobuages. Mais, l’humain d’hier n’était ni meilleur, ni plus doux, ni mieux intentionné envers ses semblables et envers les animaux et la nature. Il pratiquait volontiers la guerre, la chasse et même les ordalies, les bûchers, la torture, la peine de mort sur les places publiques, le supplice des sorcières et la peur des phénomènes naturels. L’homme du passé asséchait déjà les marais, crevait les chevaux de poste, clouait la chouette sur la porte des granges, défrichait les forêts, chassait à courre, trucidait bêtes et gens. Cet homme du passé manquait simplement des moyens de la nuisance que possède l’homme contemporain. Non, pour moi, l’âge d’or n’a jamais existé. Le biocentrisme est une idée neuve, une proposition d’avancée sur la voie du vrai Progrès celui qui ajoute du bon, du mieux au monde et qui en retranche de la souffrance et de l’effroi. L’anthropocentrisme contemporain, masque dont se pare l’adoration de l’argent, de l’économie, de l’accaparement, naufragera la société et finira par compromettre la vie sur terre. Ce n’est point la maîtrise de l’humain sur le monde qui le menace, comme feignent de le croire d’aucuns, mais le mauvais usage qu’il en fait. Si la conscience s’élevait au niveau de la science, l’humanité se réconcilierait avec la biosphère. Parce que l’homme a des droits, une puissance, une supériorité technique, il a des devoirs envers le vivant. Affirmons ces droits et ces devoirs et cessons d’esclavagiser l’animal non-humain et la nature pour que l’humain s’hominise enfin. Pour beaucoup, l’homme actuel est le fruit d’une évolution darwinienne. Sans doute. Mais le fruit est un aboutissement. Je préfère penser qu’il est la fleur dont sortira un jour le fruit non encore advenu. Rien ne permet d’affirmer que le processus d’évolution doive s’achever maintenant et il faut tout l’orgueil naïf de l’animal doué de raison pour s’imaginer être le but ultime. Il se pourrait d’ailleurs que l’homme devienne, par sa maîtrise de la biologie, l’artisan de sa propre évolution mais nous touchons là aux limites de la spéculation philosophique et scientifique. Ce qui est certain, c’est que l’avenir est conditionné par la guérison de deux instincts caractérisant notre espèce : la violence et la cupidité. Ces tares comportementales pourraient bien constituer une impasse évolutive à défaut d’une mutation culturelle urgente ». « Un statut pour l’animal. Le dimanche 13 février 2011 Victime des doctrines issues des monothéismes, l’animal a été longtemps considéré comme une chose, un objet, un bien, une marchandise et non comme ce qu’il est : un être sensible. Le droit traduit explicitement ce mépris du vivant non-humain. Il distingue deux catégories juridiques : les personnes et les biens. Seuls les humains sont des personnes dotées de dignité, de prérogatives spécifiques, de droits subjectifs. Les animaux sont des meubles et font l’objet d’appropriation, au même titre que les choses. Protégeant la sensibilité humaine davantage que celle des animaux, le législateur en 1850 incrimina les actes de cruauté commis, d’abord publiquement, à l’encontre des animaux domestiques et de compagnie. Publiquement : Car il fallait ne pas soumettre l’homme à la vision d’un acte cruel qui pouvait le troubler dans sa quiétude. Cette exigence de publicité fut retirée du texte au 20’me siècle et tout acte de cruauté à l’encontre d’un animal captif ou domestique devint délit correctionnel, à l’exception des courses de taureaux et des combats de coqs dans les localités où existe une tradition ininterrompue. Corridas et combats de coqs exigent des dérogations ce qui représente l’aveu de leur cruauté. En 1976, la loi admettait que l’animal est un être sensible, sans en tirer les conséquences . Les progrès en la matière s’avèrent d’une lenteur laborieuse. C’est que les lobbies veillent à bloquer toute évolution contraire à leurs sordides intérêts, et que l’opinion publique ne se mobilise que trop mollement pour pousser le législateur vers l’élargissement du cercle d’empathie. D’un point de vue théorique, le droit devrait concevoir trois catégories juridiques : les personnes, les choses et les animaux non-humains. Le premier droit que revendique l’animal non-humain tient à son exemption de tout acte de cruauté, de maltraitance, de négation de sa capacité d’éprouver le principe du plaisir déplaisir, c’est-à-dire le droit à vivre selon ses besoins physiologiques et comportementaux. Dès lors, concrètement, deux réformes découlent du caractère sensible de l’animal (réforme ici conçue inversement à l’acception de régression chère au pouvoir politique français en place): ---- d’une part, la suppression des dérogations à la prohibition des actes de cruauté énoncées par le code pénal, c’est-à-dire l’abolition de la corrida et des combats de coqs. ---- d’autre part, l’assimilation des animaux sauvages aux animaux de compagnie car rien ne justifie que le coup de fourche sur un chien constitue un délit correctionnel, alors que le même coup de fourche sur un blaireau extirpé de son terrier constitue un acte de chasse autorisé. La logique, le sentiment, la raison et le cœur se heurtent ici à des lobbies de l’élevage concentrationnaire, des spectacles taurins et de la chasse. Aucun argument rationnel ne peut être invoqué pour justifier le sort monstrueux réservé aux poules en batterie, aux porcs en usines à viande, aux animaux suppliciés pour les jeux de l’arène, massacrés par millions par des fusillots anachroniques. Aucune objection intelligible ne peut être opposée à la nécessité de cohérence appelant un statut de l’animal être sensible. Un jour prochain viendra où le spécisme sera considéré à l’instar du racisme. Reconnaître l’unité du vivant, refuser les frontières éthiques imposent d’élever la condition animale sans abaisser la condition humaine. Bien au contraire, l’apprentissage du respect des êtres sensibles élève l’humain et le prépare à des relations apaisées, bienveillantes, altruistes. Le lamentable parlement français, bien loin de ses valeurs progressistes demeure dominé par des hommes du passé, prisonniers des vieilles idéologies irrationnelles les amenant à mépriser l’animal doté d’un système nerveux supérieur, parfaitement conscient de ce qui lui advient, mais à vénérer la cellule souche et l’embryon humains. Les lois dites de bioéthiques révèlent le poids de ces obscurantismes dans les assemblées légiférantes conduisant à nier la souffrance et le stress des êtres sensibles conscients et à adorer des brins d’ADN humain, simples potentialités de personnes. L’abolition de la torture tauromachique, de la chasse, la prohibition de l’élevage concentrationnaire, n’interviendront qu’après un changement de personnels politiques. En politique, nous vivons encore à l’ère des dinosaures religieux et valets des entreprises privées (de scrupules) » .
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