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DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

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LA  NATURE  (N.)


- « Drocourt nature » Pourquoi « Nature » ? Ce mot convenait au titre de mon précédent site professionnel de jardinier. Je l’ai gardé parce qu’il m’évoque d’abord la beauté du monde, des plantes, des arbres, des mers et des montagnes, et puis celle des vivants humains et non-humains. La beauté de la Vie qui cherche à « naître » partout sur cette Terre et dont le jardinier cherche très modestement à s’inspirer. A son contact, il se prend à souhaiter se construire lui-même comme un beau jardin !
La nature ?  (Littré p4454): Voltaire : « La N. : ce nom N. ne me convient pas; je suis tout art ».  Condorcet : « Le mot de N. est un de ces mots dont on se sert d’autant plus souvent que ceux... qui les prononcent y attachent plus rarement une idée précise ».
Pascal ne nous aide pas davantage : « C’est une chose très étrange que les hommes aient voulu comprendre les principes des choses, et de là arriver jusqu’à connaître tout par une présomption aussi infinie que leur objet; car il est sans doute qu’on ne peut former ce dessein sans une présomption ou sans une capacité infinie comme la N. »
-  Qu’en dit Le Petit Robert ? (p1673)
- 1  -  Ce qui définit un être ou une chose : L’ensemble des caractères qui le définissent (essence, entité) par ex (la nature humaine)
- 2  - Principe qui préside à l’organisation du monde selon un certain ordre (les lois de la N.); Principe fondamental de tout jugement moral (état contre N.)
- 3  -  Le monde physique : L’ensemble de tout ce qui existe avec ordre et lois (monde, univers); Tout ce qui existe sans l’action de l’homme; la réalité dans laquelle vit l’homme (les forces de la N.); modèle que l’art se propose de suivre ou de reproduire (peindre d’après N.)
- 4  -  Comme déterminant, on peut dire par ex. « Il est N. » (spontané, franc)
-  Demandons à quelques autres philosophes ce qu’ils pensent  de « Mère Nature »: ( Cf. Philosophie magazine n°94, p49ss)
Hésiode : La Terre (Gaïa) une Mère au large sein, une puissance prodigieuse
-  Les présocratiques, Anaximandre, Héraclite : La N. est l’Être. Un ordre, une raison (logos) est à l’œuvre dans ce grand Tout.
-  Aristote partant du réel la limite à l’espace sous la Lune, et en fait un lieu de changement où rien ne se fait en vain.
Épicure : Elle comprend tous les atomes. Lucrèce ajoute qu’ils ne sont pas déterminés. Elle est la norme absolue du bien.
Les stoïciens : Un organisme vivant, soumis à l’ordre inflexible du destin (Chrysippe, Marc Aurèle) auquel on doit se conformer.
Thomas d’Aquin : Créée par un Dieu extérieur pour un homme qui doit la soumettre par la raison, ce qui fait aussi sa supériorité.
Galilée et Descartes : Un objet de science, la Matière même, une horlogerie, que l’on étudie pour la rapporter à ses propres besoins
Charles Darwin : Le jardin d’Éden est un faux. Pas de dessein intelligent. La sélection naturelle est aveugle. Pas de Dieu bon.
Aldo Léopold : Il faut penser comme une montagne, penser à la terre, à l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique
Martin Heidegger : Elle est arraisonnée par la technique, danger suprême, engloutie par le nihilisme métaphysique de la technique
Arne Naess : Un champ de coexistence et d’interactions, un Tout auquel il faut s’identifier pour en prendre soin profondément
James Lovelock : Elle a le pouvoir de préserver ses caractéristiques vitales. Elle est vivante et nous ses humbles serviteurs
-  Qu’ajouter ?   L’homme fait-il partie ou non, de cette Nature ?  Il a besoin de se définir  par rapport à Elle.
-  Face aux extraordinaires forces de la N., à son apparente indifférence séculaire à notre vie, nous sommes tentés de nous positionner en dehors de la N., de la maitriser avec nos techniques, d’accaparer et de dilapider ses ressources comme des occupants irresponsables ou inconscients, de passage seulement..
-  Ou alors nous considérons que nous faisons partie de sa vie, que nous lui appartenons, que la N. c’est nous aussi. Si elle est en difficulté à cause de nous, il nous faut la sauver pour nous sauver nous-mêmes. Nous nous acceptons comme des terriens, et, notre culture la valorise-t-elle justement et dynamiquement ?
C’est tout de même sur cette Terre que nous avons reçu les forces vitales de notre existence. On y est né. C’est chez nous. Elle nous a tout donné et nous nous y sommes aménagés une installation à demeure. Cette vie qui fait un avec la Nature, c’est tout pour nous : Notre vie. Terre et  ciel, et tous les autres vivants. Cette énergie qui fait tout pousser et nous donne les pulsions de vie avec lesquelles nous nous accomplissons. On voudrait plus de liberté pour vivre comme on croit qu’on pourrait. On s’est inventé une vie qui oublie un peu la N.. On a fait des erreurs et même on met en péril la demeure et ses habitants. Il faudrait s’arrêter, réfléchir, changer...si on veut que la Vie continue avec nous.
Car la Nature c’est aussi nous. Nous en sommes des composants insécables, des éléments concrets, soumis aux mêmes lois, alternances cosmiques, cycles millénaires, rythmes ancestraux, cycles du recommencement, etc., des fragments matériels d’une N. matérielle, concrète, immanente. La culture, jadis agricole (agriculture, culture des champs), vante maintenant les mérites de la cité, plutôt que  de célébrer les forces de vie à l’œuvre dans la N. Qui se souvient des Bucoliques et des Géorgiques de Virgile ? Un poète qui magnifiait les mots de la N., du monde et du cosmos. Les monothéismes ont séparé l’homme du cosmos et de la N. La Renaissance a fait de la culture un savoir livresque : La vérité de la N. n’est pas dans le texte qui dit la N., mais dans la N. elle-même. Sublime en elle-même. Diverse, forte, patiente, économe, si grande à côté de nous. Nous, si vains, mais tout de même issus d’une évolution ‘voulue’ par la N. Notre hominisation n’est autre que la réalisation d’une partie du plan de la N. non ?
( A propos de Virgile :  « Il nous manque avec ses yeux grands ouverts sur la merveille du monde et qui fut aussi un voyant dans la détresse des temps »
« 
Virgile, notre vigie » de Xavier Darcos, Fayard)  -  (Lire aussi le « Virgile » de Jean Giono, Buchet-Chastel, 12€) (vu dans le Point , du 13/04/17, p 126)
-  Indifférente, je disais, mais ni bonne ni mauvaise, libre, elle a ses raisons. Et le résultat nous dépasse. Imprégnés de la sagesse venue de sa contemplation, à nous de l’aimer, de comprendre ses leçons, de trouver notre place, de faire en quelque sorte un contrat  actif avec elle,  pour la préserver et y vivre bien.
  
Oui, mais en définitive, n’est-ce pas nous qui sommes indifférents à ce qu’elle est pour nous ? On ne voit la N. qu’à la télé. Il faut aller dans des zoos pour voir des animaux. L’enthousiasme pour l’environnement n’est pas majoritaire. On ne parle pas beaucoup de la Cop 21. Les agriculteurs qui se sont laissés ‘dévoyer’ par les lobbies industriels ne sont plus nos chouchous. Les routes de campagne sont devenues des autoroutes, et il faut vraiment le vouloir pour profiter un peu de nos chemins, de nos paysages, de nos villages, de nos montagnes, et du ciel même !
Apparemment, la balle est dans notre camp !
Faisons l’expérience de nous plonger dans la connaissance de la N.   Reconnectons-nous...à la Vie !
Lisez, si vous pouvez « Cosmos » de Michel Onfray. Un hymne à la vie. Merci Michel..
Je ne résiste pas au plaisir de vous citer le très grand Rabelais :
« Gargantua écrit à son fils Pantagruel : Quant à la connaissance des choses de la nature, je veux que tu t’y adonnes avec curiosité, qu’il n’y ait aucune mer, rivière ou fontaine dont tu ne connaisses les poissons, que tu saches tous les arbustes, arbrisseaux et arbres des forêts, tous les oiseaux de l’air, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au plus profond des abîmes, les pierreries de tout l’Orient et du Midi, que rien enfin ne te soit inconnu. »  (« Gargantua et Pantagruel » Rabelais ( Livre II, chapitre premier) -  Libr. Gründ / p115)
(Rabelais (1483-1553), un temps d’auteurs prestigieux avec Cervantès et Shakespeare !)
Divers : Beaucoup parlent très bien de la N. Celui-là, pardon, fera du chemin : Idriss Aberkane « La nature est une bibliothèque »
Notre Pape : Jean-Marie PELT « Sauver l’homme et la nature » 2016, Fayard.
« La nature nous offre d’innombrables ressources : (« Les dons précieux de la nature » 2010) Toute notre alimentation, de très nombreux médicaments issus de plantes médicinales ou plus récemment d’animaux et de micro-organismes, le bois d’œuvre et de chauffage, les fibres textiles comme la laine, le coton, le chanvre ou le lin, la quasi-totalité des produits cosmétiques. Dans notre alimentation, seuls l’eau et le sel appartiennent au monde minéral. Les molécules ou produits de synthèse eux-mêmes sont issus de la carbochimie et de la pétrochimie, fondées sur les ressources du sous-sol, plantes du carbonifère fossilisées ou dépôts planctoniques du fond des mers de jadis.
-  Les écosystèmes : Les
forêts, les sols, les océans nous offrent aussi des services  difficiles à évaluer en valeur monétaire. On parle du double du PNB de l’ensemble des états. Par ex, pour les seules abeilles, la valeur économique de la pollinisation s’élève selon la FAO à 200 milliards de dollars par an. »

-  Quelques écologues (naturalistes, spécialistes en biologie moléculaires, zoologistes, botanistes…)
-  Carl von Linné : Il a nommé 12000 espèces, avec nom de genre et nom spécifique
-  Charles Darwin :
-  Alexander von Humboldt : Etudie les interrelations des plantes (P) et le climat différent selon l’altitude
-  Ernst Haeckel : 1866; Interrelations des P avec les milieux qui les abritent
-  Pape François dans « Laudato si » rappelle  en2015 que le progrès doit tenir compte  des volumes limités des ressources
-  Pierre Rabhi : La révolution verte faite au détriment de la biodiversité. La FAO : 75% des variétés cultivées ont disparu au 20è s. au bénéfice de variétés commerciales qui figent l’évolution naturelle
-  Chico Mendes, apôtre de la protection de la forêt amazonienne. Assassiné  le 22/12/1988 chez lui.
-  Diane Fossey, protectrice des gorilles de montagne en Afrique. Assassinée aussi.
-  Bruno Manser, protecteur des Indiens Penan du Sarawak. Sans doute assassiné.

-  Et pourquoi pas :
-  « L’écologisme » démystifié par Jean de Kervasdoué qui a écrit « Ils croient que la nature est bonne » R. Laffont, 17  « pour arrêter de dire n'importe quoi et de croire n'importe qui »