22/06/10  -  « Des peuples premiers à nous, peuple dernier, il n’aura fallu que quelques siècles de conquêtes irrespectueuses, de progrès chimériques et de myopie écologique pour qu’on en arrive là, au pied du mur ».

(Nous, Peuple Dernier. M. Tarrier. Éditions L'Harmattan, 2009)

« En 1950, nous pensions pouvoir faire reverdir les déserts. En 2050, nous aurons réussi à désertifier la Terre entière ».

(2050, Sauve qui peut la Terre ! M. Tarrier. Éditions du Temps, 2007) 

 

Salut les Martiens,

 

Nous venons tous de recevoir communication d'un article paru dans The Australian (reproduit ci-après) et relatant notre disparition annoncée par un éminent scientifique.

Trois observations.

La première :

Ouf, si cela pouvait être vrai, si l'on pouvait rendre enfin la Terre à la Terre, si l'on pouvait déblayer le plancher, nous les nuisibles, nous les exterminateurs, nous qui n'avons plus aucune raison d'Être dans une Nature que nous avons dénaturée ! Avec juste un bémol de regrets pour les derniers représentants épargnés des nobles Peuples premiers, lesquels n'ont strictement rien à se reprocher.

La seconde :

Quand une info est en anglais, et de surplus d'origine australienne, putain ce que cela nous bluffe, nous semble sérieux, crédible, susceptible d'être clamé sur tous les toits.

La troisième :

C'est dans une langue qui fait donc rire, la nôtre, que je m'égosille depuis des années à hurler une telle inquiétude, l'étayant - notamment et comme Fenner et comme l'ONU - par la menace de notre surcharge populationnelle. Je ne cesse de clamer que les générations futures, que nous avons déshéritées, auront une vie invivable.

Mais si je suis scientifique, c'est trop con : je ne suis même pas Australien.

 

Pour ce qui est de l'espoir relatif que Fenner semble fonder en invoquant l'idée racoleuse du développement durable, je m'inscris en faux : c'est trop tard, bien trop tard. Ce qui est pris n'est plus à prendre, ni à rendre.

 

Conférence de Canberra sur la Population, le pic pétrolier et le changement climatique (2008)

(Le professeur Frank Fenner prend la parole dans la seconde moitié de la deuxième vidéo)

http://www.youtube.com/watch?v=63thwzqyxMs

http://www.youtube.com/watch?v=zZm3cTFsUKM

 

 

 

Si vous voulez vérifier ce que Fenner ne nous apprend pas, voici quatre titres qu'il me semblait avoir correctement promotionnés...

J'y retourne...

 

2050, SAUVE QUI PEUT LA TERRE

http://www.amazon.fr/2050-Sauve-qui-peut-Terre/dp/2842743857

FAIRE DES ENFANTS TUE. Éloge de la dénatalité

http://www.amazon.fr/Faire-enfants-tue-Eloge-d%C3%A9natalit%C3%A9/dp/2842744403

NOUS, PEUPLE DERNIER. Survivre sera bientôt un luxe (*)

http://www.amazon.fr/Nous-Peuple-dernier-Survivre-bient%C3%B4t/dp/2296105629

DICTATURE VERTE (**)

http://www.amazon.fr/Dictature-verte-Tarrier-Michel/dp/2812701404

 

(*) Je fais vraiment le tour de la situation en 500 pages, qui dit mieux !

(**) Ce pourrait être un moyen coercitif pour, à coups de pieds au cul, nous apprendre à respecter notre Maison du Quaternaire et jouer ainsi les prolongations.

 

L'espèce humaine va s'éteindre dans 100 ans

Et s'il n'y avait plus rien à faire pour sauver l'humanité ? S'il était déjà trop tard ? The Australian nous apprend que pour le scientifique australien Frank Fenner, le destin de l'Homme est scellé. Cette éminence en ce qui concerne l'extinction des espèces est plus que sceptique quant à l'avenir de l'espèce humaine :

L'espèce humaine va s'éteindre. Peu importe ce que nous faisons maintenant, c'est trop tard.

Mais quel crédit accorder à cette assertion ? Le journal tient à préciser que Fenner est un scientifique reconnu : membre de l'Académie des sciences australienne et de la Royal Society. Son travail a été récompensé par de nombreux prix et il est l'auteur de centaines de textes scientifiques. A 95 ans, le scientifique accorde très peu d'interviews. En matière d'évolution, il s'y connaît. Il a étudié le phénomène sous toutes les coutures : au niveau moléculaire, au plan de l'écosystème jusque dans l'espace.

Selon Fenner, nous allons disparaître parce que nous sommes trop nombreux. C'est donc la croissance de la population mondiale qui est en cause. Si l'on en croit l'ONU, la population mondiale atteindra les 6,9 milliards cette année. Une tendance démographique qui, couplée à ce que Fenner appelle notre «consommation débridée», mènera à terme à la disparition de l'espèce humaine.

La conséquence première de nos modes de vie étant le réchauffement climatique, Fenner n'est pas plus optimiste à ce sujet:

Le réchauffement climatique n'en est qu'à son début. Mais on voit déjà des changements importants dans le temps.

Et d'ajouter:

Homo sapiens va disparaître, peut-être en l'espace d'un siècle. Et beaucoup d'animaux aussi. C'est une situation irréversible. Je pense qu'il est trop tard. J'essaie de ne pas trop le dire car il y a des gens qui essaient de faire changer les choses.

Impossible d'échapper à notre destin pour Fenner : on ne fait que repousser l'incontournable.

Si beaucoup de scientifiques partagent ce constat, tous ne sont pas aussi catégoriques sur l'impossibilité de changer les choses. Ainsi, son collègue Boyden, immunologue reconverti dans l'écologie humaine, est plus optimiste :

Frank a peut-être raison, mais certains d'entre nous caressent l'espoir que l'on prenne conscience de la situation. Et qu'on en arrive aux changements nécessaires pour en arriver au développement durable.

En attendant, du haut de son grand âge, Ferner ne peut s'empêcher de céder au sempiternel «c'était mieux avant». Petite pensée pour les générations futures: «Les petits enfants des générations actuelles vont être confrontés à un monde beaucoup plus difficile.»

[Lire l'article sur The Australian]

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